Le Progrès
Retranscription de Géraldine Renard


Rencontre avec un artiste d’origine galloise qui vit dans le région lyonnaise depuis plusieurs années.

Jacques Roybin : Vous êtes connu en France pour être le complice de Jean- Jacques Goldman. Pour mener maintenant une carrière en solo, est-ce un avantage ou un handicap ?

Michael Jones : “Je te donne” date déjà de quinze ans mais j'ai rencontré Jean-Jacques il y a 23 ans à l'époque du groupe Tai Phong. Je ne fais pas de carrière solo. Actuellement, je fais des concerts seul car Jean-Jacques fait une tournée tous les quatre ans. Alors entre-temps, je tourne car sinon on est rouillé, mais je n'ai pas d'album à vendre. Je le fais juste pour le plaisir de jouer mais aussi pour aider les petites salles et les cafés-concerts.

J'aimerais qu'il y ait plus de gens comme Anim' Loisirs de Porcieu. Ce sont vraiment des bénévoles qui se battent ; ils sont peu en France, une dizaine d'associations peut-être ! Je retrouve Jean-Jacques le 25 mai à Paris au Bataclan pour un concert spécial pour les Restos du Cœur pendant le spectacle de Bigard. On travaille la venue de Jean-Jacques à Porcieu, peut- être pour 2002 ! Sur le dernier album de Joe Cocker, Jean-Jacques et moi avons écrit une chanson. Peut-être Joe Cocker va-t-il la chanter lundi soir à Lyon ?


Jacques Roybin : Que dire de votre spectacle de ce soir ?

Michael Jones : La tournée s'appelle “En repassant” alors on repasse quelques chansons des autres, surtout celles de Jean-Jacques, mais en les froissant un peu. Il y a aussi des titres de mon dernier album et quelques gags musicaux sur des standards. C'est une tournée avec 7 ou 8 concerts par mois, on essaye de grouper les dates, c'est tranquille ! Pour moi, Porcieu est une grande salle ; en général, je fais des salles de 500 places. Ce soir, c'est la dernière fois qu'on joue ce spectacle car ensuite on en aura un nouveau qu'on vient de répéter aux Antilles.


Jacques Roybin : Vous vivez dans la région lyonnaise, mais plutôt que le chic de l'Ouest lyonnais, vous avez choisi la banlieue Est de Lyon, ce n'est pas commun...

Michael Jones : Je vis dans la banlieue la plus pratique de Lyon, je suis à dix minutes de la gare de Satolas et juste à côté de la rocade. Vivre à Champagne, ce n'est pas pratique, il y des bouchons. Je n'ai jamais habité Paris, je déteste cette ville car il faut deux heures pour tout déplacement.


Jacques Roybin : Les Lyonnais ont la réputation d'être froids. Vous sentez- vous intégré ?

Michael Jones : C'est bizarre, on dit que les Lyonnais sont distants mais il y des gens chaleureux comme partout. Je ne suis pas venu ici par choix, je vivais à Marseille et ma femme a eu une mutation professionnelle pour Lyon qu'elle ne pouvait pas refuser. Moi, ça me rapprochait de Paris et la ville n'est pas trop mal. Lyon a un seul défaut: la Presqu'île n'est pas bonne pour la carte bleue ! Les magasins de la rue de la Ré' et de la rue Edouard Herriot : c'est une ville faite pour les femmes ! (rires). Il y a aussi de bons restaurants.


Jacques Roybin : Lyon est-elle une bonne ville pour un artiste?

Michael Jones : Il y a des petites salles mais pas de grandes et bonnes salles. Ils sont en train de refaire la Halle Tony Garnier mais je ne sais pas ce que ça donnera après les travaux. A Lyon, les seules salles sont le Transbo et la Bourse du travail, j'ai fait aussi deux fois le Rail-théâtre.


Jacques Roybin : Mardi, vous avez rencontré des lycéens à Bourgoin-Jallieu, pour parler de votre métier. Ça non plus, ce n'est pas commun !

Michael Jones : J'étais à Bourgoin pour la promo de ce spectacle et on m'a demandé Si je voulais le faire. Ce proviseur est quelqu'un qui bouge. Bourgoin est une ville qui bouge bien aussi, peut-être à cause du rugby, bien qu'en ce moment, le rugby.. Non, je suis mauvaise langue (rires). A Bourgoin, je fais trois ou quatre master-class par an au Conservatoire national de musique. C'est un peu la cerise sur le gâteau pour les élèves. la guitare est un instrument ingrat: on peut croire à certains moments qu'on est face à un mur infranchissable, il faut une motivation pour persévérer . La master-class leur prouve que c'est possible. Interview dans le Progrès du 13.05.00