Les paroles de "la demoiselle "

C’est un jour, un jour de fête, ils ont sorti les drapeaux
L’orchestre et les majorettes, la buvette au bord de l’eau
Un manège ou l’orgue anime, fillettes et jeune garçons
La petite Colombine, garde garde blancs moutons

La demoiselle, aimerait bien souvent
Des passerelles pour changer le temps

Sous la charmille printanière, qui isole du village
Elle efface d’un revère, les perles de son visage
C’est un jour, un jour de fête, elle abandonne le troupeau
Passe, passe passerelle, rejoint tous les minots

La demoiselle, aimerait bien souvent
Des passerelles pour changer le temps
Et soudain, le père en claquetant ses sabots
Et revoie sur l’autre rive, Colombine et ses sanglots

C’était un jour, un jour de fête, ou j’avais passé un ruisseau
Pour ne plus être bergerette, de rire au danse des chevaux
C’était un jour, un jour de fête, ils avaient sorti les drapeaux
Il y a cent ans, cent ans peut-être, toujours le même tableau
C’était un jour, un jour de fête, ou j’avais passé un ruisseau
Pour ne plus être bergerette, de rire au danse des chevaux
C’était un jour, un jour de fête, ils avaient sorti les drapeaux
Je pense encore et je regrette oh oh.


Ce qu'ils ont dit...

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Michaël Jones : Elle a été écrite par Philippe Thomas, un jeune compositeur que j'ai aussi rencontré à Astaffort, et chantée par Sandrine
Régot, qui vient également du même endroit. Philippe n'avait pas de refrain. Nous avons travaillé ce qui manquait et je lui ai demandé de
l'utiliser sur mon disque. Il a accepté avec plaisir. Il m'est apparu ensuite tout à fait normal que je la chante avec Sandrine puisqu'elle
avait été créée avec elle et que c'est cette version que j'avais aimée.

Du blues pour nous
Tout chanson, janvier 2005


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Jean-Pierre Pasqualini :
Avez-vous découvert d’autres auteurs à Astaffort ?

Michaël Jones : Oui, pas mal. Dans ce nouvel album, j’avais maquetté trois chansons découvertes là-bas, mais une seule a fini sur le disque.
"La demoiselle" est de Philippe Thomas (ndlr : un chanteur dont nous avions présenté l’album auto-produit, il y a quelques années).
D’ailleurs, quand je l’ai découverte, il y a deux ans, elle n’avait pas de refrain. Après leur avoir laissé une journée pour en trouver un,
je les ai retrouvés perdus, n’ayant aucune idée. Comme pour moi ce refrain était évident, je leur ai dit. Ils m’ont mis alors au défi de le
composer. J’ai pris ma guitare et je leur ai joué sur le champ. Comme ça leur a plu, nous avons décidé de la cosigner, mais, attention, pour
ce refrain, j’ai refusé d’avoir la moitié des parts sur la musique, c’était trop. Ensuite, j’ai décidé d’essayer d’en faire une maquette.
Et, comme c’est la copine de Philippe, Sandrine Régot, qui la chantait sur la première maquette, j’ai demandé à cette dernière de faire
aussi le duo avec moi sur le disque. Je suis certain qu’elle ne m’a pas cru, jusqu’au moment où je lui ai donné la date de la séance en
studio.

Goldman, le frère que j'ai choisi
Platine n° 119, mars 2005


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Françoise Rauzier :
Donc pour "La demoiselle" que tu interprètes avec Sandrine, on aurait souhaité que tu nous parles de la rencontre
avec Sandrine et ce que tu penses d’elle…

Michael Jones : Ah oui mais je ne peux pas trop dire de mal, elle est là ! [rires]

Françoise Rauzier : Oui mais elle n’écoute pas là !

Michael Jones :
En fait quand on parle de rencontre, il se trouve que c’était une rencontre puisque ça s’est passé aux "rencontres
d’Astaffort". J’étais en train de faire le tour des salles et à un moment je monte à l'étage, parce qu’il y a plein de salles à Astaffort où
tous les élèves travaillent un peu, et là Sandrine était en train de chanter une chanson avec un garçon qui s’appelle Philippe Thomas. Ils
avaient fait une chanson qui s’appelle "La demoiselle". Mais il n’y avait pas encore la demoiselle. Ils n’avaient pas de refrain, ils
avaient le couplet et ils avaient le pont mais il n’y avait pas de refrain. Je leur dis "le sujet est sympa, la chanson est bien", Sandrine
la chantait super bien, mais il n’y avait pas de refrain. [il s'adresse à Sandrine] Corrige-moi si je dis des conneries, Sandrine !

Françoise Rauzier : Elle n’écoute pas.

Michael Jones : Mais tu peux écouter, il faut que tu écoutes. Donc je disais qu’il n’y avait pas de refrain. Et Philippe me dit "je trouve
pas" et je dis "mais pourtant c’est évident". Et là je prends la guitare, et je chante [il chante] "la demoiselle". Je dis "il faut qu’il y
ait cette descente de la tierce au deuxième pour que ça sonne", et je lui ai montré la mélodie et les accords du refrain, pour aller avec le
couplet. Après, il a rajouté le texte pour faire le refrain, et le lendemain on avait la chanson. Et suite à une discussion après avec un
repas bien arrosé avec Sandrine [rires], je lui ai dit que je pensais prendre cette chanson-là sur mon album et que j’aimerais qu’elle
chante avec moi, parce qu’elle a une voix magnifique. Je savais que si je faisais la chanson, elle serait banale, et que si elle, elle
intervenait à un moment, ça allait faire la différence entre une chanson banale et un truc génial. On est donc allés à Astaffort le même
jour où j’ai enregistré avec Francis, et on a enregistré sa voix à la Voix du Sud. Par contre, si je me souviens bien de la séance, il a
fallu quand même que je m’énerve pas mal. J’étais un gros salaud pendant l’enregistrement, c’est-à-dire que j’ai tout fait pour la mettre en
colère. Parce que je voulais qu’elle soit en colère pour la chanson. Pendant la séance, elle a bien chanté la chanson. Mais moi j’avais
besoin qu’elle soit énervée. J’avais besoin qu’elle soit fâchée, parce que c’est le principe du texte. C’est l’histoire du père salaud qui
ne veut pas que sa fille sorte. Quand elle commence à chanter, elle commence doucement, et il y a la colère qui monte. Et je voulais ça. Et
je l’ai fait chier jusqu’à ce qu’elle soit en colère. C’est vrai ! Après elle m’a trouvé un peu lourd. [rires] Mais je l’ai fait chier
jusqu’à ce qu’elle soit en colère, et le résultat pour moi est magnifique.

Françoise Rauzier : Donc dans cette chanson tu évoques l’autorité du père, bien marquée. Tu es père toi-même. Est-ce que tu estimes que tu
es un père protecteur, que tu poses trop d'interdits ? La juste mesure n'est-elle pas difficile à trouver ?

Michael Jones : Je suis un père pas facile, parce que je suis pour une certaine discipline, un certain respect. Mais, comme je l'ai dit à
Daniela Lumbroso l'autre jour, quand j'ai fait la chanson pour le Sidaction : "la première chose que j'ai appris à mes filles quand elles
étaient en âge d'avoir des rapports sexuels, c'est que c'étaient à elles d'avoir des préservatifs". C'est-à-dire que je suis un père qui
estime que les enfants doivent un certain respect vis-à-vis des parents. Quand on demande quelque chose à un enfant, ça doit être fait.
C'est : "Tu vas faire tes devoirs, tu ne vas pas jouer avec les Barbie". A ce niveau-là, je suis dur. Par contre, je suis contre les parents
qui interdisent que leurs enfants sortent de peur qu'ils rencontrent un garçon et qu'ils aient des rapports sexuels parce que de toute
façon, c'est la pire des choses à faire. Si une fille a décidé de coucher avec un mec, elle couchera avec le mec de toute façon en nous
racontant des bobards. Donc je préfère qu'elle me dise la vérité puis que ça se passe comme ça.

Rencontre avec Michael Jones
Exclusivité "Michael Jones on the web", 19 mai 2005